Le chantier décisif
Grâce à la protection du pape Nicolas V, lié aux Franciscains observants, Gozzoli obtient des commandes cruciales à Montefalco.
En 1450, pour les frères franciscains, il réalise les fresques du Monastère de San Fortunato.
Quelques années plus tard, Fra Jacopo da Montefalco, théologien et prédicateur, lui propose de peindre les fresques de l’église de San Francesco sur le thème de l’identification entre saint François et Jésus-Christ. Les peintures (aujourd’hui l’église-musée) furent exécutées en 1452 et couvrent entièrement l’abside centrale. Sur les montants de l’abside, à droite et à gauche, deux cartouches portent le nom de l’artiste et du commanditaire avec cette louange : « Qualis sit pictor prefectus inspice tector ».
Dans l’abside centrale se trouve le célèbre cycle des Histoires de la vie de saint François, des fresques qui constituent le premier témoignage extraordinaire de l’acquisition par Benozzo Gozzoli du statut d’artiste indépendant.
Afin de rendre les scènes plus compréhensibles pour ses contemporains, Benozzo utilisa dans ses peintures des références contemporaines pour l’époque, comme des architectures et des paysages caractéristiques de son temps. Les histoires se développent en douze panneaux sur les murs, séparés par six pilastres qui se prolongent sur les arêtes de la voûte.
Les épisodes de la vie de saint François sont au nombre de dix-neuf et ne respectent volontairement pas l’ordre chronologique des événements, car Fra Bonaventura (le biographe de saint François) avait autorisé ce type de narration afin de favoriser une approche thématique de la vie du saint.
Les épisodes se concluent par la représentation de saint François au ciel avec les cinq saints appartenant à l’Ordre, en gloire parmi les anges.
La Madonna della Cintola, conservée aujourd’hui aux Musées du Vatican, a été peinte à Montefalco.