Histoire et conflits
L’ermitage joua également un rôle dans l’histoire de la ville. En 1352, alors que Città di Castello redoutait une attaque des Visconti, la commune y fit installer une cloche destinée à donner l’alarme. Elle est encore présente aujourd’hui et porte la date de sa fabrication.
Un chapitre particulier s’ouvrit avec l’arrivée des Jésuates en 1365. Cet ordre, fondé par le bienheureux Giovanni Colombini de Sienne, reçut en donation des terres de la famille Guelfucci et s’établit à côté des Franciscains. Les relations furent tendues : les Jésuates se considéraient comme les maîtres des lieux grâce aux terres reçues en héritage, tandis que les Franciscains ne voulaient pas abandonner ce qu’ils considéraient désormais comme un lieu lié à saint François. Le conflit prit fin en 1401, lorsque la commune versa 50 florins aux Jésuates afin qu’ils quittent les lieux.
En 1431, Buon Riposo figurait déjà dans les registres des couvents franciscains observants de la région. À cette époque, il était devenu un véritable complexe conventuel, même si certains frères choisissaient encore de mener une vie érémitique dans les cavités rocheuses des environs, comme le frère Angelo en 1488.
En 1650, lorsque le pape Innocent X ordonna la fermeture des couvents comptant moins de dix religieux, Buon Riposo en abritait douze. Les Franciscains observants y restèrent jusqu’en 1864, à l’exception d’une période d’environ dix ans au début du XIXe siècle, durant l’occupation napoléonienne. En 1864, le couvent fut fermé par décret et vendu à des particuliers.
Aujourd’hui, Buon Riposo est toujours une propriété privée, mais le gardien des lieux accepte de l’ouvrir aux visiteurs sur réservation.
Le couvent
L’architecture de l’ermitage témoigne clairement des agrandissements réalisés au fil du temps.
À l’entrée se trouve un cloître à quatre portiques, avec les cellules des frères à l’étage et les autres espaces de service de la communauté conventuelle au rez-de-chaussée. Le plancher en bois du cloître d’origine est encore conservé.
La partie la plus ancienne de l’édifice, située à l’ouest, date de 1234. En 1352, l’ermitage fut transformé en couvent : l’église fut ajoutée et le cloître agrandi, avec ces arcades en brique qui donnent encore aujourd’hui ampleur et légèreté à l’espace.
L’église
L’édifice actuel date de 1402, mais il fut profondément remanié en 1641 par Pompeo dei Bourbon del Monte, seigneur de la région. On y accède par le cloître à quatre portiques, qui mène directement à la zone de l’abside.
L’église présente un plan rectangulaire couvert de voûtes. La couverture de l’abside est probablement antérieure à la reconstruction du XVe siècle.
À l’intérieur, les fresques du XVe siècle ont été fortement altérées par les travaux réalisés à l’époque baroque. On distingue encore une Crucifixion avec saint Bernardin, probablement de l’école siennoise, une Vierge à l’Enfant et une troisième fresque clairement inspirée de Giotto. Les sinopies représentant des anges de part et d’autre du portail sont particulièrement intéressantes.
L’église compte trois autels, ornés de sculptures baroques, de statues et de putti. Sur le maître-autel, commandé par Pompeo del Monte, une belle structure en bois encadre un retable représentant la Crucifixion, avec, de part et d’autre, la Vierge et des saints. Par son style, la composition est proche de Raphaël, qui fit ses débuts artistiques à Città di Castello.
Plusieurs reliques sont conservées dans l’abside, notamment deux crânes placés dans une vitrine, l’un masculin et l’autre féminin. Selon les chroniques, le bienheureux Stefano, membre de la communauté conventuelle de Buon Riposo, profondément bouleversé par le fait que sa mère était morte en couches en lui donnant naissance, avait toujours souhaité garder son crâne auprès de lui afin de le vénérer, jusque dans sa sépulture. Cette hypothèse semble confirmée par une fresque murale représentant le bienheureux Stefano tenant un crâne à la main. Il ne reste aujourd’hui aucune trace de l’ancien chœur en bois de l’abside.
À peu près au milieu de la nef se trouve l’accès à une petite chapelle dédiée à saint François d’Assise, où, selon la tradition, le saint se retirait pour méditer.