Stone church with apse, bell tower and clock, with a cloudy sky in the background

Église de Santa Marina - Castel Ritaldi

Au cœur du centre historique de Castel Ritaldi, protégé par les murs du château médiéval, se dresse l’église de Santa Marina. Édifiée au XIVe siècle avec le monastère attenant, l’église, qui a traversé les siècles avec ses remaniements, représente le cœur spirituel et religieux de toute la communauté en l’honneur de la sainte patronne du village.

Histoire d’un édifice sacré au cœur du château médiéval

L’église fut desservie par les Bénédictins jusqu’en 1321 ; puis, les Augustins prirent le relais et gérèrent le complexe jusqu’en 1818. Dix ans plus tard, elle devint église paroissiale, à la suite du transfert de la paroisse de San Gregorio della Pieve.

L’édifice se dresse juste après l’entrée du château, sur la droite. L’accès, précédé d’un portique avec des bancs en pierre datant du XVe siècle, s’effectue par deux entrées latérales : selon une ancienne tradition, l’une était destinée aux hommes et l’autre aux femmes.

Au-dessus de l’édifice sacré s’élève le clocher, construit en pierre de taille rouge, élément distinctif de la silhouette du bourg avec l’abside de l’église, aménagée à l’intérieur d’une tour circulaire de l’enceinte murale au début du XVIIe siècle, lorsque l’édifice fut agrandi et son orientation modifiée.

À l’intérieur de l’édifice, entre niches et peintures

L’intérieur de l’église se présente avec une nef unique, ample et lumineuse, caractérisée par une voûte très élevée qui accentue le sentiment de verticalité et de solennité de l’espace sacré.

Au fond de la nef, où est conservée une fresque de 1508 détachée de son mur d’origine représentant la Vierge à l’Enfant dans une mandorle, se trouvent deux niches latérales :

  • Première niche à gauche : les restes de fresques difficilement lisibles décorent les parois latérales. Sur la gauche se trouve une toile représentant la Vierge des Douleurs et saint Grégoire le Grand, avec un chérubin tenant un cartouche où l’on peut lire l’inscription « À Sa Majesté Charles Martel Roi de France ». Sur l’autel est placée une toile du XVIIe siècle réalisée par un peintre anonyme originaire de Gubbio, où apparaissent les figures de saint Grégoire le Grand, saint Antoine Abbé et sainte Catherine d’Alexandrie. Au-dessus de l’autel trône une statue en bois assombrie par le temps, qui représente probablement sainte Marina ;
  • Deuxième niche à gauche : correspond probablement à l’abside originale de l’église primitive. La voûte d’ogives est décorée de nervures décorées de bandes polychromes qui se détachent sur un fond sombre à motifs floraux. Sur le mur du fond se trouve une fresque du XVe siècle représentant huit saints difficiles à identifier.

Au centre de la nef se trouvent deux autels :

  • Autel central de droite : il abrite la statue de sainte Marina, représentée tenant dans ses bras l’enfant qu’elle a élevé ;
  • Autel central de gauche : on y trouve une toile du XVIIe siècle représentant la Vierge du Rosaire flanquée de saint Dominique, sainte Catherine de Sienne, saint François d’Assise et saint Charles Borromée, œuvre de Giovanni Francesco Romanelli.

Le presbytère, surélevé par quelques marches et précédé d’un arc reposant sur des colonnes, précède le maître-autel et conserve certaines des œuvres les plus précieuses de l’église :

  • Niche de droite : une remarquable fresque de 1512 portant la signature de Tiberio d’Assise, disciple du Pérugin, mise au jour en 1896. Dans le registre inférieur sont représentés l’archange Raphaël tenant le jeune Tobie par la main, suivi de sainte Catherine et, à droite, le pape saint Sylvestre Ier en habits pontificaux terrassant le dragon au mont Soratte. Dans la partie supérieure est représenté l’Éternel bénissant avec le globe dans la main et un arc irisé, entouré de nuées dorées et flanqué de neuf séraphins et de deux anges.
  • Autel de gauche : dédié à la Madonna del Soccorso, il conserve l’une des œuvres les plus intéressantes de l’édifice : la Vierge du Secours. Vêtue d’un ample manteau étoilé, la Vierge libère un enfant des griffes du démon. La tradition populaire raconte que l’image trouve son origine d’un épisode réellement survenu : une mère, exaspérée de ne pas réussir à endormir son enfant, en vint à invoquer le diable. Lorsque celui-ci apparut, elle se repentit et implora l’aide de la Vierge, qui intervint en sauvant l’enfant. Au pieds de la femme sont également représentés la mère et le lit de l’enfant. L’œuvre, attribuée à Melanzio da Montefalco, « Sancta Maria populo castri Ritaldo, 1509 ».

Au fond de l’église se trouvaient autrefois un autel, aujourd’hui démoli, et un crucifix du XIVe siècle, actuellement transféré dans la sacristie, tandis que jusqu’en 1745, derrière le maître-autel, se trouvait un chœur en bois de facture gothique.

Une sainte sous de fausses apparences

Née en Bithynie, dans l’actuelle Turquie, dans la première moitié du VIIIe siècle, Marina mena une courte vie marquée par la souffrance. Orpheline de mère, son père Eugène se retira dans le monastère de Kanoubine. Pour ne pas se séparer de lui, elle revêtit l’habit monastique en prenant le nom de Marino et cacha son identité afin de partager la vie monastique.

Lors d’une halte dans une auberge avec quelques confrères, elle fut injustement accusée de l’agression subie par la fille de l’aubergiste, mais au lieu de se défendre, elle accepta en silence l’accusation. Elle fut donc expulsée du monastère et contrainte de s’occuper du nouveau-né.

Après des années d’humiliations et de fatigue, ses confrères, qui n’avaient jamais cru à l’accusation, réussirent à faire réadmettre le jeune Marino au monastère, où on lui confia les tâches les plus humbles. Épuisée par les fatigues et les privations, Marina s’éteignit très jeune. Ce n’est qu’alors, en préparant le corps pour la sépulture, que les moines découvrirent sa véritable identité et reçurent la preuve de son innocence, comprenant ainsi comment la jeune femme s’était reniée et avait supporté en silence l’accusation injuste.

La fille de l’aubergiste arriva également à son chevet et, tourmentée par le remords, obtint le pardon et la guérison. Déjà de son vivant, on commença à parler de la sainteté de Marina, mais après sa mort, le culte qui lui était rendu se répandit rapidement et de nombreux miracles furent attribués à son intercession. Son corps, initialement enterré au monastère, fut transporté à Venise, où il est encore conservé aujourd’hui.

Explorez les environs
Les principales attractions dans les environs